Bons baisers de Russie 1/2

Sunset in Siberia

On sait combien les campagnes peuvent être éclipsées par les capitales. Combien ces dernières, si grande leur beauté soit-elle, ont parfois la prétention de représenter à elles-seules, parfois ajoutées à d’autres mégalopoles, l’âme de leur nation.

 

La chose est d’autant plus vraie pour la Russie, cet immense territoire, le plus vaste du monde, qui cache en son sein milles contrées inconnues et éblouissantes, comme une mère qui voudrait préserver ses petits du monde extérieur. Peut-être à raison.

Palace of queen Ekaterina Second Great in Tsarskoye selo, St Petersburg

Que dire de Moscou et de Saint Pétersbourg, d’Ekaterinbourg, de Vladivostok, sinon qu’il faudrait des nuits et des jours, des semaines et des mois pour en savourer chaque aspect, pour visiter chaque église, chaque musée, chaque vestige de leurs passés révolus. Mais que dire alors des régions qui parcourent la Russie du Caucase au Kamchatka, de la frontière finlandaise à la mer d’Okhotsk ? De même que la découverte d’un pays se fait parfois mieux à la lumière de ses exceptions culturelles, s’exiler loin des datchas occidentales, dans une Russie beaucoup plus asiatique, peut être une bonne approche.

Church_of_the_Epiphany_(Irkutsk)

Mais l’affaire n’est pas mince. Il faut se concentrer sur une région, sur ses particularités, sur ce qu’elle peut refléter de son pays. Faisons le choix d’un endroit méconnu, d’une destination inattendue. La réponse se trouve peut-être à l’Est, prenons le Transsibérien. L’expérience n’est pas des moindres : dans le même wagon se mélangent des personnes de toutes ethnies, cultures et identités différentes, toutes dotées d’un passeport russe. Le soir on s’endort près de la Volga, et nous voici le lendemain entre les pics de la chaîne montagneuse ouralienne. En 4 jours la Sibérie nous ouvre ses bras. Et nous accueille à Irkoutsk, ville verte aux places larges, aux immeubles bas et colorés qui suivent les rues pavées au hasard de leur itinéraire, où des cathédrales (l’une orthodoxe, l’autre catholique polonaise) côtoient sans gêne un monument à Lénine. De là un accès vers la plus grande réserve d’eau douce au monde est possible. Sautons sur l’occasion, en peu de temps nous y serons. Son approche est saisissante: quelle est cette terre collineuse disproportionnée, où les rives peuvent aussi bien être forestières que désertiques ?  Quelle est cette étendue d’eau infinie, et dont l’horizon ne laisse rien apercevoir d’autre ?

Voici le lac Baïkal…

A découvrir dans le prochain article.

Publié par Hanna

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